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Membre de la Seigneurie, coiffée d'un voile de lin blanc et vêtue de rouge, écrivant à la plume d'oie sur une feuille posée sur la table, encrier et plumes à portée de main.

Photographie de Thibault Santonja .

Animation

Écriture et livres de comptes

Une écritoire, une plume taillée, un registre : quelqu'un du bourg tient les comptes d'une maison, recettes d'un côté, dépenses de l'autre, et rédige aussi des quittances et des inventaires. Nous montrons l'encre et le support, et nous déchiffrons ensemble quelques lignes du compte de la châtellenie de Coucy.

Informations pratiques

Format
En continu, tout au long de la journée
Public cible
Tout public
Nombre d'intervenants
Un membre au minimum, le plus souvent un ou deux. Rien n'est figé, nous en convenons avec vous selon le format retenu.
Matériel apporté
Écritoire, plumes d'oie et canif, encre à la noix de galle, parchemin, règle et pointe sèche, cire et sceau, registre de comptes tenu à jour
Espace requis
Intérieur ou extérieur, nous nous adaptons au site. Si nous montons une tente, comptez une trentaine de mètres carrés, la tente et le passage autour.

Description

L'écritoire se pose, la plume se taille, et le travail commence. Tout ce qu'il faut pour écrire au milieu du XIVe siècle tient sur une table : l'encre, le canif, la règle, la pointe sèche et des feuilles de parchemin. Celui de Coucy dont nous savons le plus est un volume de parchemin dérelié, tenu en 1386 et 1387 par le receveur Jean Planson, qui y écrit à la première personne.

L'encre se fabrique à partir de noix de galle broyées et macérées et d'un sel de fer. Le mélange noircit et mord dans le support, ce qui le rend difficile à effacer, et c'est une qualité recherchée quand on écrit des comptes. Le parchemin, peau préparée et poncée, se gratte au canif en cas d'erreur.

Le compte se tient dans l'ordre : les recettes d'abord, les dépenses ensuite, chapitre par chapitre, chacun clos par sa somme. Les dates se donnent par fêtes, de la Saint-Martin d'hiver à la Saint-Rémi, plutôt que par quantièmes, et chaque article dit par quel marché il a été conclu. Les chiffres romains restent la règle et les abréviations abondent. À Coucy, les sommes sont en parisis, et le public apprend vite à lire les livres, les sous et les deniers.

Alors nous recomptons, et c'est le meilleur moment. Un article porte « six francs qui valent trois livres seize sous » ; le franc y vaut seize sous, six fois seize font quatre livres seize sous, et la somme du chapitre le confirme. Le scribe a perdu un jambage, il a écrit trois pour quatre. Nous montrons aussi ce que le compte fait dire des gens : Dennelet Bon Ami, boulanger demeurant à Coucy, y apparaît payé dix-huit sous pour un charroi de bois.

Savoir lire et savoir écrire ne sont pas la même chose. Vers 1300 déjà, beaucoup d'artisans et de petits marchands des villes ont les notions qu'il faut à leur métier, tenir un compte, comprendre un acte. À Coucy, la coutume oblige le bourgeois ou la bourgeoise qui survit à son conjoint à faire bon et loyal inventaire. Ce que nous n'avons pas, et nous le disons, c'est une seule attestation d'une femme écrivant dans ce ressort.

Chacun peut essayer la plume, à condition d'accepter les taches. C'est souvent le moment où l'on comprend pourquoi les écritures sont si régulières.

Ce que le public découvre

  • La fabrication de l'encre, la taille de la plume et la préparation du parchemin
  • La tenue d'un livre de comptes : recettes, dépenses, chiffres romains, abréviations
  • Les écrits de la vie courante : lettres, quittances, inventaires, chartes
  • Qui sait écrire au XIVe siècle, et pour le compte de qui

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