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Écheveaux de laine teints en rouge, jaune et bleu posés sur une table, à côté de racines de garance et de feuilles de guède séchées.

Photograph by Thibault Santonja .

Activity

Teintures et couleurs

Nous présentons les teintures du milieu du XIVe siècle et les ingrédients dont elles sortent : la garance pour les rouges, la gaude pour les jaunes, la waide pour le bleu d'Amiens. Le travail de teinture se fait chez nous, à l'atelier. Sur le site, nous apportons les échantillons, les matières premières et les explications.

Practical information

Format
En continu, tout au long de la journée
Target audience
Tout public
Number of participants
Un membre au minimum, le plus souvent un ou deux. Rien n'est figé, nous en convenons avec vous selon le format retenu.
Equipment provided
Échantillons de laine et de lin teints à l'atelier, ingrédients tinctoriaux (garance, gaude, waide, bouleau, brou de noix), alun et autres mordants, nuancier et documentation
Required space
Intérieur ou extérieur, nous nous adaptons au site. Si nous montons une tente, comptez une trentaine de mètres carrés, la tente et le passage autour.

Description

Les couleurs du XIVe siècle sortent de plantes, de minéraux et de recettes patiemment mises au point par les teinturiers. Nous présentons ces ingrédients et ce qu'ils donnent, échantillon à l'appui. La teinture elle-même se fait chez nous, à l'atelier, sur plusieurs jours et avec des bains qu'on ne déplace pas : ce que nous apportons sur le site, ce sont les résultats, les matières premières et de quoi en parler.

Trois plantes reviennent sans cesse, et un tarif de péage les nomme ensemble. En mai 1354, à Comines, on taxe par charretée la waide, la waranche et la waude : la guède, la garance et la gaude, les teintures du pays. La garance donne les rouges par sa racine, la gaude des jaunes francs, la waide les bleus du fameux bleu d'Amiens. La succession de deux bains, bleu puis rouge, donne les pourpres qu'on retrouve à l'analyse sur des draps de laine du deuxième quart du siècle.

Une couleur ne tient pas toujours seule sur une fibre. Le rouge de garance et le jaune de gaude demandent un mordant, le plus souvent de l'alun, qui prépare la laine et retient le colorant au lavage. Le bleu de waide, lui, n'en demande aucun : c'est la seule couleur dont le procédé n'exige rien d'importé. L'alun vient d'Asie Mineure, de Phocée, et dans les années 1340 les seules cargaisons documentées vers la Flandre sont catalanes.

Le bleu d'Amiens mérite qu'on en parle avec ses dates. La waide se cultive dans le bassin de la Somme, du côté d'Amiens, de Corbie et de Nesle, et non dans la vallée de l'Ailette. Amiens a ses officiers du métier, les eswardeurs et les barileurs de guède. Et notre période est un mauvais moment pour ce commerce : la guerre ravage les champs, la traversée de la Manche devient hasardeuse, et les drapiers anglais se fournissent ailleurs.

Nous montrons les écarts de nuance. Un rouge profond demande plusieurs bains et une belle laine ; un rouge pâle sur une étoffe grossière coûte infiniment moins. Le haut de l'échelle se mesure : en 1351, un drap d'écarlate vaut 8,75 livres de gros de Flandre, dont le tiers à la moitié tient à un insecte séché, la graine. Le bas de l'échelle ne se mesure pas, parce que les draps des pauvres ne laissent pas de comptes.

Nous disons aussi d'où nous tenons tout cela. Les analyses chimiques portent sur des fragments londoniens, aucun règlement de teinturier picard n'a été lu, et les recueils de recettes disponibles sont plus tardifs ou plus méridionaux que notre bourg. Un nom de la région, tout de même : à Saint-Quentin, un acte du XIIIe siècle appelle une marchande de guède Maroie li waisdiere.

Beaucoup de tours de main n'ont jamais été écrits. Nous disons ce que nous savons, ce que nous supposons, et ce que nous avons essayé sans y parvenir. Les écheveaux circulent, on les compare, et la question du prix arrive presque toujours en premier.

What the public discovers

  • Les plantes et les ingrédients qui donnent leurs couleurs aux tissus du XIVe siècle
  • La waide picarde et le bleu d'Amiens, une richesse régionale et un commerce fragile
  • Le mordant, indispensable au rouge et au jaune, inutile au bleu de waide
  • Pourquoi certaines couleurs coûtent une fortune et d'autres presque rien

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