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Devant une tente de camp rayée bleu et jaune, une femme en robe de laine écrue, coiffée d'un casque de fer, tient un long bâton et parle avec une autre femme en robe verte et chapeau de paille.

Photograph by Thibault Santonja .

Activity

La milice villageoise

Un habitant du bourg laisse son ouvrage et court quand la cloche sonne : c'est ce que la charte de paix de 1197 demande aux gens de Coucy. Nous partons de là pour parler de l'équipement du commun, de ce que la guerre change dans un bourg picard, et de ce que les archives disparues ne nous laissent plus savoir.

Practical information

Format
En continu, avec le passage régulier des rondes
Target audience
Tout public
Number of participants
Un membre au minimum, le plus souvent un ou deux. Rien n'est figé, nous en convenons avec vous selon le format retenu.
Equipment provided
Bâtons ferrés, deux ou trois piques, couteaux, casques de fer, gambisons, lanterne, cor, consignes de garde et documentation sur l'organisation du bourg
Required space
Intérieur ou extérieur, nous nous adaptons au site. Si nous montons une tente, comptez une trentaine de mètres carrés, la tente et le passage autour.

Description

Celui qui prend la garde habite le bourg : un tisserand, un laboureur, un charpentier. À Coucy, la charte de paix de 1197 lui demande une chose précise, accourir au premier son de la cloche. C'est le devoir le mieux attesté de tout le dossier, et c'est par lui que nous commençons.

Nous disons vite ce que nous ignorons. Les archives de la ville ont disparu avec celles de l'Aisne pendant la Première Guerre mondiale, et rien n'y subsistait sur la garde avant le XVIIe siècle. Dans les villes voisines, ce que l'on voit est un guet de sergents payés : six hommes le jour et huit la nuit à Compiègne en 1319, des guettes de nuit postées au beffroi de Laon. Le tour de rôle entre habitants, lui, se lit surtout à Paris, et les textes qui l'imposent à tous dans les villes du Nord sont du siècle suivant.

L'équipement pose la même question. Le couteau est l'objet le mieux documenté du ressort : trois couteaux de fer du XIVe siècle ont été fouillés à Andelain, à quatorze kilomètres d'ici. Pour le reste, les règlements protègent « ses armures » de la saisie sans jamais dire ce que c'est, et quand Froissart décrit les gens du commun en 1358, il écrit qu'ils n'avaient « nulle armeure fors que de bastons ferrez et de cousteaux ». Nous montrons ce que nous portons en disant d'où vient chaque pièce et où la documentation s'arrête. Nous apportons aussi deux ou trois piques, et nous précisons en les montrant qu'aucun texte du ressort ne les nomme.

Nous ne montrons pas de combat. La conversation porte sur la cloche qui appelle, sur le cor dont Jean de Venette dit qu'on en sonnait depuis les guérites des clochers, sur la dernière cloche du soir après laquelle les règlements de Laon, de Béthune et de Douai interdisent de circuler sans lumière. Et sur un détail qui surprend : dans ces mêmes villes, aller armé par les rues en temps de paix est une infraction.

Ce que l'on craint est très concret. Le feu d'abord : des lettres royales de 1388 disent la ville de Coucy « par trois fois comme tous ars et destruis par le feu ». À Noyon, en 1398, les bans demandent à chaque chef d'hôtel de mettre une chandelle à sa fenêtre et de l'eau devant son huis dès que la cloche sonne la nuit. La guerre ensuite : en 1358 et 1359, des gens d'armes tiennent Mauconseil et Creil, les chemins se vident, il faut acheter un sauf-conduit pour voyager, et les communautés paient rançon quand elles le peuvent.

Les gardes passent régulièrement devant le public, puis s'installent au poste entre deux passages. Les questions portent presque toujours sur le poids de l'équipement et sur ce qu'il fallait faire quand on voyait quelque chose. Nous répondons, et nous disons aussi quand nous ne savons pas. L'animation se prête bien aux sites dotés d'une enceinte ou d'une porte.

What the public discovers

  • Ce que la charte de paix de 1197 demande aux habitants de Coucy : accourir au premier son de la cloche
  • L'équipement du commun : le couteau, bien attesté, et tout ce que les textes ne décrivent pas
  • Le guet des villes voisines, tenu par des sergents payés plutôt que par les habitants
  • Ce que la guerre change pour un bourg : le feu, les rançons, les chemins qu'on n'emprunte plus

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